Quand l’identité se fissure : comprendre le deuil de soi

Personne qui se cache le visage derrière sa main

On ne pleure pas seulement ce qu’on perd, on pleure aussi la personne qu’on était

Pendant quinze ans, j’ai été actrice, réalisatrice, productrice. Le cinéma était mon monde, mon identité, la façon dont je me présentais aux autres et à moi-même. Puis j’ai perdu mon père, et quelque chose s’est déplacé. Pas brutalement. Plutôt comme une évidence qui s’installe et qu’on ne peut plus ignorer.

J’ai changé de direction. J’ai commencé des études en psychologie intégrative, et j’ai dû apprendre à me présenter autrement — à ne plus être « l’actrice qui… » mais quelqu’un d’autre, que je ne connaissais pas encore vraiment. Personne ne m’avait prévenue que ça ferait aussi mal qu’un deuil.

On parle souvent du deuil d’une personne. On parle beaucoup moins du deuil de soi : cette version de toi que tu étais avant le divorce, avant le changement de métier, avant que la vie ne te force à regarder les choses en face. Cette version-là ne revient pas. Et il est normal, sain même, de faire son deuil.

Le deuil de soi n’a pas de date de fin officielle, pas de rituel, pas de faire-part. C’est peut-être pour ça qu’il est si difficile à traverser seul : personne autour de toi ne sait vraiment qu’il y a quelque chose à accompagner.

Si tu sens que tu n’es plus tout à fait la personne que tu étais, et que tu ne sais pas encore qui tu deviens, tu n’as pas besoin de traverser ça seul·e. C’est exactement ce genre d’espace que je propose en séance : un endroit pour nommer ce deuil-là et avancer avec lui, pas contre lui.

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