Je suis Rosalie.
Quelque chose s’est déplacé en toi.
Tu ne te reconnais plus tout à fait. Tu cherches les mots pour quelque chose qui défie le langage.
Si je sais reconnaître ces moments, c'est que j'ai traversé ma propre déchirure d'identité. Je suis thérapeute somatique, et c'est de là que je travaille.
Je n'utilise pas de scripts. Je n'ai pas de protocole fixe. Je pars de ce qui se passe dans ton corps — les sensations, les tensions, les endroits qui se contractent quand tu parles de ce que tu traverses. Mon travail s'appuie sur l'IFS (le travail avec les parties intérieures), les approches somatiques, la pleine conscience et la respiration — pour aller à la racine, là où les mots seuls ne suffisent pas.
Mon approche
Mon parcours
Adolescente, j'ai commencé à ressentir dans mon corps ce que je vivais chez moi — un père alcoolique. Ça ne restait plus dans ma tête : ça se logeait dans mon ventre, dans mes tensions, dans ces douleurs que je ne savais pas encore nommer. Je me suis sentie seule, avec cette soif d'appartenance — ce besoin d'avoir ma place quelque part, d'être vue et entendue. Je crois que c'est ça qui m'a menée, très tôt, vers le cinéma.
Pendant une quinzaine d'années, entre la France et la Californie, j'ai été comédienne, puis scénariste, puis productrice. Toujours la même intention au fond : raconter des histoires pour que ceux qui les reçoivent se sentent un peu moins seuls. Avec le temps, ce que j'écrivais s'affinait — l'identité, le trauma, le deuil revenaient sans cesse.
Puis j'ai atteint ce que je croyais être le sommet : une nouvelle vie à Venice Beach, un mariage, un rêve réalisé. Et c'est là, précisément, que je me suis sentie le plus perdue. Il me fallait faire le deuil de celle que j'avais été — la femme que j'étais en France, hétéro, façonnée par un cadre que je n'avais jamais questionné — pour laisser naître celle que je devenais. Car une rencontre m'avait bouleversée : après avoir aimé des hommes, j'ai aimé une femme, et j'ai découvert à quel point l'amour n'a pas de genre.
Quand mon père est parti, quelque chose s'est ouvert. J'ai pu poser cette carrière et me demander qui j'étais en dehors d'elle. J'ai compris une chose simple : plutôt que d'espérer qu'un jour quelqu'un voie un de mes films et s'y reconnaisse, je pouvais être là, en face, pour accompagner celles et ceux qui se sentent seuls et ont besoin d'être entendus. La même intention — en plus direct. J'ai repris quatre années d'études de psychologie, jusqu'à la licence, et je ne me suis jamais sentie autant à ma place.
Je me suis formée aux approches qui, pour moi, changent tout : le travail somatique et la régulation du système nerveux — nourris par ma pratique du yoga et de la méditation, que j'enseigne aussi —, la pleine conscience dans une approche trauma-informée, et surtout le travail des parties, inspiré du modèle IFS, les systèmes familiaux intérieurs. Tout part de cette idée, d'une justesse rare : qu'on ne va pas mieux en forçant nos douleurs à se taire, ni en cherchant à dissocier ou faire disparaître ces parties blessées, ces versions de nous — mais en leur donnant enfin l'espace d'exister, d'être comprises, d'être accueillies, d'être aimées là où l'amour a manqué.
C'est aussi ce qui a nourri mon mémoire de recherche, sur le soin en collectif : il m'a confirmé qu'il manque cruellement d'espaces sécurisant où l'on peut traverser les choses ensemble, que le deuil fait partie intégrante de l'identité, et qu'accompagner cette traversée en communauté aide à accueillir et à accepter qui l'on devient, qui l'on a été, et qui l'on est dans le moment présent.
Ce qui fait ma spécificité
Biculturelle et bilingue, franco-américaine, j'accompagne en français comme en anglais, avec une compréhension intime de ce que veut dire vivre entre deux cultures, deux langues, deux « chez-soi » — et de ce que demande la reconstruction de soi loin de ses repères.
Mon travail s'adresse en particulier aux personnes qui traversent une transition d'identité — de genre, d'orientation, de culture, de vie. J'offre un accompagnement affirmatif des femmes et des personnes LGBTQIA+ : un espace où ton identité n'est jamais à expliquer ni à justifier, seulement à accueillir.
J'accueille chaque personne dans toute la complexité de ce qu'elle porte — car nos identités se croisent et se superposent. C'est cette approche intersectionnelle qui fonde mon travail.
Ma façon de travailler
Je ne crois pas qu'on aille mieux seul·e, uniquement avec des mots. On se retrouve en s'écoutant autrement : en revenant dans le corps, en déposant ce qui pèse, en se sentant accueilli·e sans jugement.
Un deuil, une transition, un changement d'identité, ça ne se « règle » pas. Ça se traverse. Et ça se traverse mieux accompagné·e. C'est tout ce que je propose : des espaces d'accueil sécurisants, en individuel ou en groupe, pour celles et ceux qui vivent ces passages.
Aujourd'hui
Je vis en Provence, de retour après une dizaine d'années en Californie. J'accompagne en français et en anglais, en présentiel et en visio. Et je continue de me former, parce que ce soin-là n'a jamais fini d'apprendre.
Formée en psychologie intégrative (Bachelor, National University — équivalence licence ENIC-NARIC), en pleine conscience trauma-informée, en yoga (200h), et en tant que psychopraticienne (CRESP).
Si quelque chose dans ces mots résonne en toi, on peut en parler.